Création d’entreprise : des chiffres records !

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850 000 nouvelles entreprises ont été immatriculées en 2020

Alors que 2019 signait déjà un record en matière de créations d’entreprises, 2020 a confirmé la tendance : la France connaît une formidable dynamique entrepreneuriale.

En dépit d’une crise sanitaire et économique sans précédent, des confinements et des restrictions multiples que l’on connaît, le nombre de création d’entreprises n’a jamais été aussi élevé.

850 000 nouvelles entreprises ont été immatriculées en 2020, soit + 35 000 de plus que l’année précédente ! Un record !

Janvier-avril : une création d’entreprise en chute libre

Après un accroissement significatif du nombre de création d’entreprises fin 2019, le début de l’année 2020 marquait un ralentissement. En effet, on enregistrait un recul de – 1,9 % en Janvier 2020 tous statuts confondus, et plus particulièrement – 10,1 % pour les micro-entreprises. Ce ralentissement s’expliquait en partie par le remaniement du dispositif de l’ACRE au 1er janvier 2020, beaucoup moins favorable que celui mis en œuvre en Janvier 2019 et qui prévoyait trois années de réduction de cotisations sociales pour les micro-entrepreneurs.

Alors que l’on enregistrait encore un recul des créations d’entreprises en Février (– 3%), le début du confinement de Mars 2020 a mis un véritable coup d’arrêt à la création d’entreprise avec une baisse de – 25 %. Les créations d’entreprises classiques se sont effondrées ( SAS, SASU, SARL, SCI ….etc) à – 30%, tandis que les créations de micro-entreprises diminuaient fortement (-19,6%). Ce recul s’est encore accentué en Avril, tandis que le confinement se poursuivait : – 42,1 % pour les entreprises classiques et – 24 % pour les micro-entreprises.

Mai à décembre 2020 : le formidable rebond de la création d’entreprises

A partir de Mai, un net rebond des créations d’entreprises est observé . Dans un contexte de déconfinement de la population, qui a eu lieu au 11 mai, le nombre de création d’entreprises classiques bondit de + 64,4 % tandis que le nombre immatriculations de micro-entreprises augmente de + 56 %. Les niveaux d’avant crise sanitaire ne sont pas encore atteints mais le rebond va se confirmer sur le reste de l’année.

En juin 2020, le nombre de créations d’entreprises connaît une forte augmentation pour le deuxième mois consécutif (+ 43,2 % pour les entreprises classiques et + 33,6 % pour les micro-entreprises). La création d’entreprise retrouve son niveau d’avant crise. Ce dynamisme se confirme sur Juillet et ralentit légèrement en Août, période estivale traditionnellement plus calme.

La rentrée de Septembre connaît encore une augmentation de la création d’entreprise de + 2,3 %, tout types d’entreprises confondus. Cette hausse se poursuit encore, même si plus légèrement, en Octobre (+ 0,9%) et Novembre (+0,4%) . Les nouveaux entrepreneurs ne semblent pas particulièrement affectés par le second confinement de l’année, plus souple et qui a permis aux Français de continuer leurs activités professionnelles, excepté pour les secteurs expressément visés par des fermetures administratives (secteurs S et S1).

Le mois de Décembre marque un repli significatif de la création d’entreprise : – 4,2 %. Toutefois, en dépit de ce ralentissement de fin d’année, le nombre d’entreprises immatriculées au cours de la période Octobre-Décembre est en hausse de + 16,3 %  par rapport à la même période 2019.

L’année 2020 : l’année de tous les records

Globalement, l’année 2020 fut une année exceptionnellement dynamique pour la création d’entreprise en dépit de toutes les difficultés rencontrées par les entrepreneurs. En effet, le nombre totale d’entreprises immatriculées en 2020 est en hausse de 4 % par rapport à 2019. 

Alors que les chiffres de la création d’entreprise sont flamboyants, ceux du PIB sont plus alarmants. D’après les premiers chiffres produits par l’Insee, le PIB, après une contraction de – 5,8 % au premier trimestre et de – 13,7 % au deuxième trimestre, a rebondi de + 18,2 % au troisième trimestre 2020. Toutefois, nous constatons à nouveau une contraction de 1,3 % sur un quatrième trimestre marqué par un nouveau confinement, et donc, de nouvelles fermetures administratives entraînant une diminution de la consommation des ménages. Sur l’année 2020, le PIB a reculé de 8,3 %, soit une récession record depuis la Seconde Guerre mondiale.

Année paradoxale, 2020 est celle qui marquera à la fois un record en termes de recul du PIB et un record de créations d’entreprises.  

Quelles entreprises ont été créées en 2020 ?

Le recours au dispositif d’activité partielle n’a jamais été aussi important. Les entreprises les plus durement touchées ne vivent aujourd’hui que des subsides de l’État. En outre, un pan entier de l’économie est sous perfusion. C’est donc naturellement que les Français, dont la rémunération a drastiquement diminuée sur leur fiche de paie, ont été nombreux à se lancer dans l’entrepreneuriat.

La crise a même été un moteur pour nombre d’entre eux, qui, n’ayant plus d’activité professionnelle depuis plusieurs mois, ont mis à profit ces temps difficiles pour créer leur emploi. Beaucoup de jeunes diplômés cette année, ne trouvant pas d’emploi salarié, se sont lancés en Freelance. Avec l’explosion du télétravail, la forte hausse des créations d’entreprises, c’est un nouveau mode d’organisation du travail qui émerge. D’ailleurs, d’après un sondage d’OpinionWay, 1 personne interrogée sur 5 déclare souhaiter lancer son activité ou reprendre une entreprise courant 2021.

Les entreprises créées en 2020 sont en majeure partie des micro-entreprises. En effet, 547 000 micro-entreprises ont été immatriculées en 2020, soit près de 65 % du nombre total d’entreprises. Leur nombre a encore augmenté de + 9 % par rapport à 2019 tandis que le nombre d’immatriculations d’entreprises individuelles classiques a chuté de – 13 % et que le nombre de créations de sociétés est resté stable. Ce sont les activités de transport et livraison qui ont le plus contribué à cette augmentation. 

Cette dynamique est très encourageante en période de récession, cependant, il s’agit de ne pas occulter les difficultés. Un grand nombre de micro-entrepreneurs ne parviennent pas à dégager un chiffre d’affaires suffisant pour vivre. Par exemple, le chiffre d’affaire est en moyenne de 1000€ mensuel dans le transport (sachant que le revenu que touche l’entrepreneur est amputé d’environ – 22 % de charges sociales et – 2 % d’impôts). De plus, la protection sociale d’un micro-entrepreneur est relativement faible et sans commune mesure avec celle des salariés.

Si la volonté des Français d’entreprendre et de travailler en indépendant se confirme, il s’agira de les accompagner tout au long de l’année 2021 et au-delà. Qu’il s’agisse du nombre de défaillances ou de créations d’entreprises, les chiffres 2021 seront à scruter à la loupe dans les semaines et mois qui viennent.

Sources : ici et .

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